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Télétravail : la solution aux maux d'aujourd'hui ?

3 minutes de lecture

Considéré comme une prise de conscience par le patronat pendant la période de confinement, et si ce sujet devenait le nouveau débat fâcheux entre patronat et syndicats ?

Les syndicats se montrent favorables à l'ouverture d'une négociation interprofessionnelle sur le télétravail, mais le patronat reste opposé.


Du point de vue des salariés :

Initialement apprécié, de nombreux retours dont vous m'avez fait part attestent d'une réalité bien différente : difficulté à décrocher après une journée de travail, la sensation "d'apporter à la maison les soucis du travail plutôt que de les laisser dans un lieu différent", la complexité de gérer les enfants pendant le travail, la facilité de changer de sujet rapidement et accéder à la procrastination sur Facebook plutôt que de rester concentré·e sur ses tâches... Alors qu'en est-il de cette volonté qui semblait être une belle promesse ? Une prise de conscience de l'importance de séparer la vie professionnelle et la vie privée serait-elle le fruit de ces trois mois de confinement ?

A la question que je vous ai posée sur mon Linkedin "si votre entreprise fermait ses bureaux, souhaiteriez-vous télétravailler à 100% ?" vous êtes 29%* à avoir répondu non !

Vous avez jeté en l'air toutes les croyances que je m'étais fondé sur le ras-le-bol du télétravail (fondé sur vos retours et ceux de mes amis). Mais alors pourquoi la volonté à 71% de télétravailler à 100% ?

Bien entendu, le salarié souligne le gain de temps par rapport au temps de trajet qui est un réel bénéfice pour sa vie de famille, la chance de pouvoir mieux manger et pour moins cher en étant à la maison, la chance de pouvoir lancer une machine entre midi et deux et ne pas avoir un week-end de tâches ménagères par la suite et le calme sans vos collègues autour de vous pour vous déconcentrer.


Du côté du patronat :

Premièrement, la crainte de ne pouvoir contrôler ses équipes à distance a jailli en chaque chef d'entreprise. Comment être sûr·e qu'ils travailleront aussi efficacement à distance que dans nos locaux ? Une réunionite aiguë a vu le jour dans bien des entreprises pour faire des points réguliers, des entretiens avec son manager deux à trois fois par jour, pour s'assurer de l'avancement des projets. Mais à force de réunions, les projets n'avançaient pas comme souhaité. Alors, le directeur a lâché du lest selon lui et a simplement fait confiance à ses équipes. Puis, finalement, il a commencé à apprécier ne plus être un gardien de prison ou un chien de garde. Il a même compris qu'il pourrait faire des économies sur ses charges locatives s'il en venait à quitter ses bureaux d'un célèbre boulevard parisien qu'il utilisait majoritairement pour la renommée.


Ce que dit la loi - pourtant fine en la matière - suffit largement à l'entrepreneur qui n'a pas envie de graver cette pratique dans le marbre. Pour rappel, les ordonnances Pénicaud de 2017 ont fait du télétravail un droit du salarié, obligeant l'employeur à motiver son refus. Un avenant au contrat du travail n'est pas nécessaire pour la mise en place d'un tel dispositif. Et l'employeur est bien heureux de ne pas s'embêter avec plus de législation.


Mais selon les syndicats, le fait que les employeurs ouvrent de nouvelles perspectives, comme le fait que certains postes étaient pensés non-éligibles au télétravail alors qu'ils ont réussi à franchir le pas, mérite de poser un nouveau débat sur la table des négociations autour de la législation. "Il est nécessaire de redonner des points de repère tant aux entreprises qu'aux collaborateurs pour mettre le télétravail en oeuvre dans le cadre d'un dialogue social", remarque Catherine Pinchaut, secrétaire nationale à la CFDT. Mais le débat reste houleux sur la question de la prise en charge des frais liés à l'activité des salariés lorsqu'ils travaillent depuis leur maison : téléphonie, internet, chauffage, électricité ... Quelle part doit imputer à l'employeur ?

Les dirigeants d'entreprises ont d'ores et déjà précisé "si les syndicats veulent nous faire payer a moitié de la maison des salariés en réclament la prise en charge d'assurances ou factures de chauffage, ils trouveront une fin de non-recevoir".


La question du télétravail divise autant les salariés et le patronat car chaque situation familiale et professionnelle se révèle extrêmement différente. Deux séances de négociations sont prévues le 2 et 11 septembre.



Joffrey Mouton

pour Alpha School


*Sondage réalisé sur ma page Linkedin

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